(Self) Portrait Through The AmeryKahn Prism,
huile, acrylique, émail, techniques mixtes sur papier Arches avec piédestal et iPad configuré avec des couleurs inversées, 
244 in x 50.2 in 
(6,2 m x 1,3 m), 2016-en cours
(tel qu'installé en studio, Cambridge, MA, USA, 11 mai 2018)

Déclaration d'artiste

(Self) Portrait Through The AmeryKahn Prism (« Autoportrait à travers le prisme amérykahn ») est une installation dont les multiples peintures cherchent à reconfigurer de nombreuses représentations en cascade de ce qui est appelé depuis quelque temps « le corps noir ». Réseau complexe d’éléments picturaux (« pix/els ») liés entre eux, mon projet vise à mettre sens dessus dessous le concept du corps noir et ses connotations ethniques, en résistant au compromis culturel qu’implique la littéralité picturale (figurée) et lexicale de cette expression.

Modélisés à partir de l’imagination, d’une observation directe et de photographies, les pix/els sont stylisés selon les techniques « traditionnelles » du portrait, mais aussi selon des formes abstraites modernistes, des symboles interculturels, des motifs culturels et des structures tridimensionnelles imaginées, qui mêlent principalement du papier et divers supports. En juxtaposant visuellement une grande variété de peintures, mon projet cherche à identifier, interroger et classer divers discours quant à la couleur de peau, le tout sous la houlette d’une matrice picturale unifiée qui dénonce le mensonge et l’idéologie d’un monde divisé en fonction de la couleur de peau.

Via la création d’une structure visuelle évocatrice et multiforme, le « corps noir » politisé apparaît pour ce qu’il est : un artifice raciste construit pour définir des personnes qui ont toutes prétendument des origines « africaines », par opposition à l’univers « blanc ».

Dans (Self) Portrait Through the Amerykahn Prism, les multiples « récits » interconnectés sont activés à mesure que le spectateur parcourt le réseau de pix/els. D’un pix/el ou d’un groupe d’images à l’autre, le spectateur est totalement libre de choisir la séquence selon laquelle les images s’organisent dans son imaginaire. D’ailleurs, cette exploration visuelle est éclairée par un instrument cinématographique que le spectateur active par le biais de ses choix, participant ainsi au codage, décodage et recodage des séquences d’images.

L’appareil mobile du spectateur, paramétré de manière à inverser les couleurs, sert également d’intermédiaire pour afficher les images différemment. Cet affichage inversé sur l’écran suscite à son tour d’autres questions concernant le rôle des supports visuels dans notre perception de la couleur de peau et de la différence.